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Institut de Recherche sur l'Éducation : Sociologie et Économie de l'Éducation

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Lauréats du Prix Eicher 2017

Le jury du Prix Eicher 2017* a décidé d'attribuer le prix a Léonard Moulin pour sa thèse en sciences économiques intitulée "Frais d'inscription dans l'enseignement supérieur : enjeux, limites et perspectives" et co-dirigée par David Flacher et Hugo Harari-Kermadec.

 Laureats Prix Eicher 2017

Da Gauche à droite : Jean-François Giret, Directeur de l'IREDU, Arnaud Pierrel, Florence Wenzek, Léonard Moulin, Jean-Jacques Paul, Président de l'AJCEDU et Vincent Eicher, fils de Jean-Claude Eicher

Le jury a égalementé décidé de remettre un prix de master, de 500 € chacun, aux deux mémoires de Master de :

  • Arnaud Pierrel : "L’excellence dans les sciences : une équation sociologique : Enquête sur les classes préparatoires scientifiques et les biais de recrutement à l’Ecole
    normale supérieure de Paris"
  • Florence Wenzek : "Les politiques de l’école : projet gouvernemental, pratiques enseignantes et utilisations populaires. L’école nouvelle de Kerekou au Bénin, 1972-1990"

 

La remise du Prix Eicher 2017 a eu lieu le mardi 24 janvier 2017, à 17 heures 30, à l'amphithéatre Jean-Claude Eicher (Pôle AAFE) lors de la journée pré-colloque de l’ADMEE, organisée à Dijon.

 

Résumé de la thèse de Léonard Moulin, Prix Eicher 2017 :

Cette thèse étudie les effets des frais d’inscription sur les étudiants dans l’enseignement supérieur. Dans la première partie, nous menons une analyse théorique des motivations aux frais d’inscription. Le chapitre 1 dresse une revue critique et pluridisciplinaire de la littérature et dégage trois motivations à leur introduction ou à leur relèvement (l’effet redistributif, l’effet incitatif et l’effet contributif) dont nous contestons la validité. Le chapitre 2 s’interroge sur les conditions théoriques rendant l’instauration de frais d’inscription désirable, alors même qu’existent des classes sociales aux comportements distincts. Nous montrons, en utilisant les développements récents de l’économie comportementale, que la mise en oeuvre de frais progressifs, si elle peut constituer une solution équitable d’un point de vue purement théorique, soulève d’autres problèmes. La deuxième partie de cette thèse s’intéresse aux expériences nationales de mise en place de frais d’inscription. Le chapitre 3 souligne le caractère contrasté des résultats présentés dans la littérature avant de dresser une typologie des contextes institutionnels. Deux régimes nous apparaissent ainsi cohérent même si leurs fondements sont radicalement différents (le régime « libéral » et le régime « social-démocrate »), tandis que le régime « conservateur » français nous apparait difficilement soutenable. Les trois chapitres suivants proposent la première étude sur les effets de l’introduction de frais d’inscription dans le contexte universitaire français. Nous commençons par regarder deux aspects de l’efficience liés à l’introduction de frais d’inscription : (i) un effet de sélection et (ii) un effet incitatif à l’effort. Dans le chapitre 4, nous montrons ainsi que l’introduction de frais d’inscription à Dauphine renforce les effets ségrégatifs et inégalitaires. Dans le chapitre 5, nous prolongeons cette approche en montrant, contrairement aux résultats développés dans la littérature théorique, que les frais d’inscription n’accroissent pas le niveau de réussite et donc les incitations à l’effort des étudiants à Dauphine. Enfin, dans le chapitre 6, nous discutons de la possible généralisation des résultats précédents en commençant par analyser la nature particulière du public de l’Université Paris 9 Dauphine au sein du paysage universitaire français. Les limites théoriques à l’instauration de frais d’inscription (partie I), confirmées empiriquement (partie II), nous conduisent, dans la dernière partie de cette thèse, à revenir sur la typologie construite dans le chapitre 3 en discutant de la manière dont le régime institutionnel « social-démocrate » pourrait contribuer à répondre aux objectifs d’équité, d’efficience et de besoins de financement des universités dans le cas français. Nous introduisons pour cela les fondements de ce que nous appelons une éducation par « répartition » et définissons les conditions de son équité, de son efficience et de sa capacité à financer l’enseignement supérieur.

 

Résumé du mémoire d'Arnaud Pierrel :

Ce mémoire est issu d’une recherche effectuée à l’initiative de l’Ecole normale supérieure de Paris sur les biais de recrutement selon le genre et les origines sociales des candidat-e-s à ses concours d’entrée scientifiques.

Afin de rendre compte de ces biais de recrutement, nous suivons pas à pas les étapes de la sélection scolaire drastique qui mène jusqu’à l’admission à l’ENS Paris depuis l’entrée en classe préparatoire scientifique, à partir de matériaux statistiques variés : exploitation d’un questionnaire administré à des élèves des prépas scientifiques, suivi cohortal d’élèves de deux promotions données à partir de leurs bulletins scolaires, bases de données exhaustives des candidats au concours de l’ENS Paris sur les cinq dernières années.

Trois résultats centraux de cette recherche méritent d’être soulignés. Nous montrons, premièrement, l’influence positive pour la représentation des filles en prépa scientifique des transmissions par les lignées maternelles (mères et soeurs aînées ayant « ouvert la voie ») des configurations familiales. Deuxièmement, il apparaît nettement que les principes de division de l’entendement professoral se structurent à la fois selon les origines sociales des élèves mais aussi selon leur appartenance de genre. Ces jugements professoraux différenciés sont partiellement intériorisés par les élèves et constituent ainsi autant d’incitations – ou au contraire de désincitations – à persévérer scolairement. Enfin, à l’encontre des discours faisant des mathématiques une discipline plus « démocratique » que les lettres, au sens où la réussite scolaire y serait le fruit de qualités intrinsèques et non d’héritages familiaux, il convient d’affirmer que la culture scientifique, tout autant sinon plus que la culture littéraire, est l’objet de transmissions familiales qui varient fortement d’un milieu social à l’autre.

En conclusion, nous revenons sur la signification à donner aux logiques de sélection différentielle qui se renforcent systématiquement d’une étape à l’autre du processus. Il faut alors comprendre cette cumulativité des logiques de sélection à l’aune de la structure même de cette sélection scolaire drastique où, à chaque étape, peu sont élu-e-s et beaucoup sont recalé-e-s.

 

Résumé du mémoire de Florence Wenzek :

Ce mémoire étudie le régime révolutionnaire de Kérékou, au Bénin (1972-1990), à travers une approche par l'éducation. L'éducation primaire soulève en effet des enjeux essentiels de ce moment politique, et ce tout d'abord parce qu'elle est investie par le régime comme un des lieux privilégiés pour mettre en œuvre ses ambitions réformatrices, à travers la réforme dite de l' « Ecole Nouvelle ». De plus, les attitudes des enseignants, des parents et des élèves vis-à-vis de l'institution scolaire permettent d'évaluer les positionnements de la population face au régime et à sa politique, dans un contexte autoritaire où de tels positionnements sont toujours implicites.

Ce travail met donc en avant la co-construction de l' « Ecole nouvelle » par les différents acteurs du système scolaire, en fonction d'intérêts particuliers et de rapports de force mouvants. Il montre qu'à travers les évolutions perceptibles dans le système éducatif, on peut distinguer une chronologie fine de la transformation des relations entre le gouvernement militaire et les populations.

 

* Le jury était composé de Nadir Altinok (BETA, Université de Lorraine), Catherine Béduwé (CRM, Université Toulouse Capitole), Claire Bonnard (IREDU - UBFC), Jean Bourdon (IREDU - CNRS), Samuel Charmillot (Prix Eicher 2014, Université de Genève), Thierry Chevaillier (IREDU - UBFC), Magali Danner (IREDU - UBFC), Marc Demeuse (Université de Mons), Marie Duru-Bellat (Sc Po et IREDU - UBFC), Bénédicte Gendron (LIRDEF, Université de Montpellier), André Giffard (IREDU - UBFC), Christine Guégnard (IREDU - UBFC), Géraldine Farges (IREDU - UBFC), Magali Jaoul Grammare (BETA-CNRS), Marielle Le Mener (IREDU - UBFC), Philippe Lemistre (Certop, Université Jean Jaures), Denis Meuret (IREDU - UBFC), Benoit Millot (Ancien Président de l'AJCEDU), Sophie Morlaix (IREDU - UBFC), Jean-Jacques Paul (Université de Galatasaray), Cathy Perret (CIPE - IREDU), Xavier Pons (Prix Eicher 2010, LIPHA et UPEC), Jean-Bernard Raséra (IREDU - UBFC), José Rose (LEST et Aix Marseille Université, Georges Solaux (IREDU - UBFC), Elise Tenret (IRISSO et Université Paris Dauphine) et Thierry Troncin (IREDU - UBFC)

 

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