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Fiche de BORN Pauline

Fonction : Doctorant(e) en Sciences de l'Éducation

Thèse

Directrice de thèse : Sophie Morlaix
Co-directrice de thèse : Claire Bonnard

 

Titre provisoire de la thèse : L’impact de la formation initiale des sapeurs-pompiers volontaires sur leur professionnalisation et leurs pratiques professionnelles

 

Résumé de la thèse :

 

Les sapeurs-pompiers volontaires représentent 79 % des effectifs de sapeurs-pompiers en France. Ils choisissent de s’engager au service de la population en parallèle de leur activité professionnelle ou de leurs études, mais ne disposent généralement pas d’un bagage spécifique à l’activité. Pour y remédier, ils doivent dès leur engagement suivre une formation dite « initiale », répartie sur une trentaine de jours. Dès lors une question se pose : le dispositif de formation permet-il à l’ensemble des sapeurs-pompiers volontaires d’agir en mission ? Autrement dit, les trente jours de formation prescrits sont-ils suffisants et adaptés à l’ensemble des engagés volontaires ? La question est d’autant plus justifiée que l’activité de sapeur-pompier volontaire n’est pas une simple activité de loisir pratiquée par des néophytes, mais bel et bien une activité contraignante et exigeante au service des populations. A l’issue de la formation initiale, le sapeur-pompier volontaire doit en effet pouvoir intervenir en qualité d’équipier et en ce sens pratiquer la même activité qu’un équipier sapeur-pompier professionnel, qui lui est formé deux fois plus longtemps. Trois points méritent une attention particulière.

Tout d’abord, l’objectif de cette formation initiale est de permettre aux sapeurs-pompiers volontaires d’acquérir les connaissances nécessaires et les comportements adaptés pour agir en mission. Elle est normée par des référentiels élaborés pour orienter l’activité formative, mais plusieurs éléments viennent troubler ce modèle. En effet, les différentes recherches menées sur les processus d’apprentissage ont révélé l’importance des processus mentaux et cognitifs de l’individu et de son environnement, notamment social. La transformation des représentations de l’apprenant et le développement de ses compétences sont donc conditionnés par différents facteurs internes et externes. D’une part l’apprenant sapeur-pompier volontaire qui entre en formation arrive avec son histoire personnelle et trois paramètres qui en dépendent sont susceptibles d’avoir un effet sur le processus de formation (Ardouin, 2013) : son rapport au savoir (Charlot, 1997 ; Maubant 2004 ; Caillot, 2005), le sens qu’il attribue à sa formation (Charlot, 1992 ; Bourgeois, 1998 ; Barbier, 2000) et sa motivation dans l’activité formative (Vallerand & Thill, 1993 ; Galand & Bourgeois, 2006 ; Crosnefroy & Fenouillet, 2009). D’autre part, la formation initiale des sapeurs-pompiers volontaires s’inscrit dans une dimension collective. L’environnement social de l’apprenant est ainsi constitué d’individus eux aussi singuliers, dotés de leurs propres représentations et forts de leurs expériences personnelles. Les groupes constitués seraient en ce sens uniques. L’ensemble de ces éléments conduit donc à envisager une variété d’appropriation de la formation initiale de sapeur-pompier volontaire, au-delà d’un modèle unique normé.

Par ailleurs, dans ses travaux, Pudal (2011 ; 2016) souligne l’homogénéité du groupe social formé par les sapeurs-pompiers volontaires, notamment à partir de critères sociologiques classiques tels le sexe, le diplôme, l’origine sociale ou encore l’origine migratoire. Cette homogénéité devrait donc en toute logique se retrouver dans les groupes d’apprenants en formation initiale. Pourtant, les faibles conditions d’engagement, principalement liées à l’âge et à la condition physique, conduisent à envisager une certaine hétérogénéité des profils d’apprenants. Plus d’un tiers des sapeurs-pompiers volontaires mettent fin à leur engagement avant la fin de la première année (Davila & Chacon ; 2007 ; Roques & Passerault, 2014), consacrée essentiellement au suivi de cette formation initiale. La littérature ne révèle pas à ce jour l’existence d’un lien entre les deux, pourtant ce nombre important d’abandons amène inévitablement à s’interroger sur le rôle que la formation initiale peut jouer dans la décision de ces individus : elle, et plus particulièrement encore le processus de formation, pourrait avoir une fonction tacite de sélection, décourageant ceux qui ne sauraient pas s’adapter et les incitant à mettre fin à leur engagement, ne laissant dans les rangs que ceux qui correspondraient à un modèle implicite unique.

Enfin, passant outre le profil des apprenants, les référentiels considèrent qu’à l’issue de la formation initiale, les sapeurs-pompiers volontaires ont acquis l’ensemble des compétences nécessaires pour agir en mission. Pourtant, de nombreux chercheurs, à l’image de Alliger, Tannenbaum, Bennett, Traver, et Shotland (1997), ont pu observer une très faible relation entre ce qui a été appris et évalué au cours d’une formation et ce qui est restitué ensuite au travail, en termes de compétences. Ainsi, la qualification ne garantit pas la compétence, et plus encore, la compétence ne garantit pas le savoir agir. La formation initiale constitue toutefois une étape clé de l’activité des sapeurs-pompiers volontaires, notamment en ce qu’elle participe à leur professionnalisation (Wittorski, 2008 ; Roquet, 2012), et ce à trois niveaux. Premièrement, la formation initiale forge l’engagement du sapeur-pompier volontaire (Meyer & Allen, 1993 ; Marquis & Fusulier, 2008 ; Chevrier & Dartiguenave, 2011 ; De Ketele, 2013), c’est-à-dire son attachement affectif à l’activité et à l’organisation. Deuxièmement, la formation initiale amorce la construction de l’identité professionnelle de l’individu (Sainsaulieu, 1977 ; Zarca, 1988 ; Dubar, 1991), en l’immergeant dans le monde des sapeurs-pompiers et en lui offrant une première image de l’activité et de la figure du sapeur-pompier. Troisièmement, la formation initiale participe à la construction des pratiques professionnelles, en permettant à l’apprenant de développer des compétences (Le Boterf, 1998 ; Roegiers, 2010) qu’il pourra ensuite transférer sur le terrain (Baldwin et Ford, 1988). Elle contribue en ce sens au savoir agir des sapeurs-pompiers volontaires.

Finalement, de la qualité de la formation initiale dépendrait la qualité de la professionnalisation des sapeurs-pompiers volontaires et à ce titre la formation initiale des sapeurs-pompiers volontaires pourrait avoir un impact sur leur professionnalisation. De quel nature est-il ? Quelles en sont les conséquences ? Ce travail de recherche a plus particulièrement vocation à répondre à la question suivante : quel est l’impact de la formation initiale des sapeurs-pompiers volontaires sur leur professionnalisation ?

 

 

Publications



1 documents

Communication dans un congrès

  • Pauline Born. Le dispositif évaluatif de formation initiale chez les sapeurs-pompiers volontaires : quel impact sur leur professionnalisation ?. Le numérique et l'évaluation des apprentissages, de la menace à l'opportunité, ADMÉE, Mar 2021, Pointe-à-Pître, France. ⟨hal-03219275⟩

 
 

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BORN Pauline
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Directrice de thèse : Sophie Morlaix
Co-directrice de thèse : Claire Bonnard

 


Titre provisoire de la thèse : L'impact de la formation initiale des sapeurs-pompiers volontaires sur leur professionnalisation et leurs pratiques professionnelles

 

Résumé de la thèse :

 

Les sapeurs-pompiers volontaires représentent 79 % des effectifs de sapeurs-pompiers en France. Ils choisissent de s’engager au service de la population en parallèle de leur activité professionnelle ou de leurs études, mais ne disposent généralement pas d’un bagage spécifique à l’activité. Pour y remédier, ils doivent dès leur engagement suivre une formation dite « initiale », répartie sur une trentaine de jours. Dès lors une question se pose : le dispositif de formation permet-il à l’ensemble des sapeurs-pompiers volontaires d’agir en mission ? Autrement dit, les trente jours de formation prescrits sont-ils suffisants et adaptés à l’ensemble des engagés volontaires ? La question est d’autant plus justifiée que l’activité de sapeur-pompier volontaire n’est pas une simple activité de loisir pratiquée par des néophytes, mais bel et bien une activité contraignante et exigeante au service des populations. A l’issue de la formation initiale, le sapeur-pompier volontaire doit en effet pouvoir intervenir en qualité d’équipier et en ce sens pratiquer la même activité qu’un équipier sapeur-pompier professionnel, qui lui est formé deux fois plus longtemps. Trois points méritent une attention particulière.

Tout d’abord, l’objectif de cette formation initiale est de permettre aux sapeurs-pompiers volontaires d’acquérir les connaissances nécessaires et les comportements adaptés pour agir en mission. Elle est normée par des référentiels élaborés pour orienter l’activité formative, mais plusieurs éléments viennent troubler ce modèle. En effet, les différentes recherches menées sur les processus d’apprentissage ont révélé l’importance des processus mentaux et cognitifs de l’individu et de son environnement, notamment social. La transformation des représentations de l’apprenant et le développement de ses compétences sont donc conditionnés par différents facteurs internes et externes. D’une part l’apprenant sapeur-pompier volontaire qui entre en formation arrive avec son histoire personnelle et trois paramètres qui en dépendent sont susceptibles d’avoir un effet sur le processus de formation (Ardouin, 2013) : son rapport au savoir (Charlot, 1997 ; Maubant 2004 ; Caillot, 2005), le sens qu’il attribue à sa formation (Charlot, 1992 ; Bourgeois, 1998 ; Barbier, 2000) et sa motivation dans l’activité formative (Vallerand & Thill, 1993 ; Galand & Bourgeois, 2006 ; Crosnefroy & Fenouillet, 2009). D’autre part, la formation initiale des sapeurs-pompiers volontaires s’inscrit dans une dimension collective. L’environnement social de l’apprenant est ainsi constitué d’individus eux aussi singuliers, dotés de leurs propres représentations et forts de leurs expériences personnelles. Les groupes constitués seraient en ce sens uniques. L’ensemble de ces éléments conduit donc à envisager une variété d’appropriation de la formation initiale de sapeur-pompier volontaire, au-delà d’un modèle unique normé.

Par ailleurs, dans ses travaux, Pudal (2011 ; 2016) souligne l’homogénéité du groupe social formé par les sapeurs-pompiers volontaires, notamment à partir de critères sociologiques classiques tels le sexe, le diplôme, l’origine sociale ou encore l’origine migratoire. Cette homogénéité devrait donc en toute logique se retrouver dans les groupes d’apprenants en formation initiale. Pourtant, les faibles conditions d’engagement, principalement liées à l’âge et à la condition physique, conduisent à envisager une certaine hétérogénéité des profils d’apprenants. Plus d’un tiers des sapeurs-pompiers volontaires mettent fin à leur engagement avant la fin de la première année (Davila & Chacon ; 2007 ; Roques & Passerault, 2014), consacrée essentiellement au suivi de cette formation initiale. La littérature ne révèle pas à ce jour l’existence d’un lien entre les deux, pourtant ce nombre important d’abandons amène inévitablement à s’interroger sur le rôle que la formation initiale peut jouer dans la décision de ces individus : elle, et plus particulièrement encore le processus de formation, pourrait avoir une fonction tacite de sélection, décourageant ceux qui ne sauraient pas s’adapter et les incitant à mettre fin à leur engagement, ne laissant dans les rangs que ceux qui correspondraient à un modèle implicite unique.

Enfin, passant outre le profil des apprenants, les référentiels considèrent qu’à l’issue de la formation initiale, les sapeurs-pompiers volontaires ont acquis l’ensemble des compétences nécessaires pour agir en mission. Pourtant, de nombreux chercheurs, à l’image de Alliger, Tannenbaum, Bennett, Traver, et Shotland (1997), ont pu observer une très faible relation entre ce qui a été appris et évalué au cours d’une formation et ce qui est restitué ensuite au travail, en termes de compétences. Ainsi, la qualification ne garantit pas la compétence, et plus encore, la compétence ne garantit pas le savoir agir. La formation initiale constitue toutefois une étape clé de l’activité des sapeurs-pompiers volontaires, notamment en ce qu’elle participe à leur professionnalisation (Wittorski, 2008 ; Roquet, 2012), et ce à trois niveaux. Premièrement, la formation initiale forge l’engagement du sapeur-pompier volontaire (Meyer & Allen, 1993 ; Marquis & Fusulier, 2008 ; Chevrier & Dartiguenave, 2011 ; De Ketele, 2013), c’est-à-dire son attachement affectif à l’activité et à l’organisation. Deuxièmement, la formation initiale amorce la construction de l’identité professionnelle de l’individu (Sainsaulieu, 1977 ; Zarca, 1988 ; Dubar, 1991), en l’immergeant dans le monde des sapeurs-pompiers et en lui offrant une première image de l’activité et de la figure du sapeur-pompier. Troisièmement, la formation initiale participe à la construction des pratiques professionnelles, en permettant à l’apprenant de développer des compétences (Le Boterf, 1998 ; Roegiers, 2010) qu’il pourra ensuite transférer sur le terrain (Baldwin et Ford, 1988). Elle contribue en ce sens au savoir agir des sapeurs-pompiers volontaires.

Finalement, de la qualité de la formation initiale dépendrait la qualité de la professionnalisation des sapeurs-pompiers volontaires et à ce titre la formation initiale des sapeurs-pompiers volontaires pourrait avoir un impact sur leur professionnalisation. De quel nature est-il ? Quelles en sont les conséquences ? Ce travail de recherche a plus particulièrement vocation à répondre à la question suivante : quel est l’impact de la formation initiale des sapeurs-pompiers volontaires sur leur professionnalisation ?

 

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